Galeria

Vasco Araújo | Exposição Individual no Jeu de Paume Paris

2008-10-21

Vasco Araújo "Eco"

Programmation Satellite

exposition présentée au Jeu de Paume - Concorde

du 21 octobre 2008 au 4 janvier 2009,

organisée avec le concours de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques,

 

et le soutien de la Fundação Calouste Gulbenkian (Portugal),

la Fundação Luso-Americana para o Desenvolvimento (Portugal),

la Direcção Geral das Artes, Ministério da Cultura (Portugal) et l'Instituto Camões (Portugal)

 et la collaboration de l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris.

 en partenariat avec Art Press et Oui FM.

Commissaire : María Inés Rodríguez

 

Vasco Araújo interroge les codes et les dispositifs humains, passant de l'artifice au spectaculaire, dans des mises en scène où ses œuvres (vidéo, photos, objets) convoquent de manière à la fois subtile et outrée les jeux de l'amour et de la mort.

Le premier satellite de la saison pourrait être la métaphore d'un phénomène associé à la réflexion du son, en vertu duquel l'onde d'un signal sonore est réverbérée après l'extinction de ce dernier, faisant entendre à nouveau le son capté une première fois. Et pourtant Eco, la pièce proposée par l'artiste portugais Vasco Araújo à l'occasion de ce projet, délaisse les explications physiques du phénomène pour s'intéresser à la littérature, et au travers de celle-ci construire un imaginaire personnel où l'écho est bien un reflet, non pas du son, cette fois, mais de nous-mêmes. Araújo va ainsi créer, à partir des Dialogues avec Leuco de Cesare Pavese (1947), un nouveau récit interprété par cinq mystérieux personnages : une femme, un enfant, un jeune homme, un homme mûr et un homme plus âgé. Par une mise en scène rigoureuse, ces cinq personnages réunis autour d'une table n'en forment en vérité qu'un seul, qui nous renvoie aussi en miroir notre propre image ; un espace de confrontation se dessine ainsi où s'expriment les craintes individuelles concernant la vie et la destinée : « Alors toi tu sais déjà !? (sourire) Ton sort, la limite... ».     

Comme dans les vingt-six dialogues de Pavese, le destin, la mémoire, la solitude, l'Autre, l'amour, le désamour et la mort sont au cœur de leurs conversations. Mais cette fois ce ne sont plus les dieux qui se débattent avec eux-mêmes : nous sommes ici sur le terrain des mortels, divinités déchues faisant preuve d'un grand scepticisme à l'égard du réel. Ainsi qu'ils le disent eux-mêmes : « Rien n'est stable. Rien n'est stable ! Ni moi, ni moi ! ... Ni moi." 

La voix, invariable, passe d'un personnage à l'autre. Et comme dans des œuvres antérieures d'Araújo, c'est par l'intermédiaire de cette voix que la force de l'énonciation met au jour une facette inconnue de l'énoncé. À l'instar d'Écho, dans la mythologie grecque, condamnée par Héra à reprendre les derniers mots de son interlocuteur, ces personnages répètent des questions qui se succèdent les unes aux autres sans jamais trouver de réponse, sans même attendre de réponse : « Peut-être ! Peut-être ! Peut-être ! »

 

Peut-être sommes-nous, pour citer encore un personnage, « à la recherche d'un son qui nous donne une réponse pour le bonheur » ; mais pour capter ce son-là, sans doute devrons-nous avoir l'ouïe un peu plus fine.

 

María Inés Rodríguez

 

- Un catalogue sera publié par les éditions du Jeu de Paume

Parution : octobre 2008. Entretien entre María Inés Rodríguez et Vasco Araújo

64 pages, 30 ill. couleur, 15 x 21 cm, broché, bilingue français / 14 euros

 http://www.jeudepaume.org/?page=article&sousmenu=57&idArt=789&lieu=7

 

- María Inés Rodríguez a conçu le cycle d'expositions du second volet de la programmation Satellite

Observer, surveiller, recueillir et transmettre les données : ce sont, parmi d'autres, les missions confiées aux satellites artificiels placés en orbite autour d'un corps céleste. L'ensemble des satellites en circulation dans notre galaxie définit un espace virtuel en évolution permanente, traversé par les enjeux politiques, économiques, scientifiques et technologiques de notre planète.

Cet espace devient la métaphore d'un territoire de possibles que le Jeu de Paume nous invite à explorer à l'occasion du second volet de la programmation Satellite.

María Inés Rodríguez a conçu ce cycle d'expositions, qui réunit quatre artistes invités, comme le lieu d'un échange obéissant aux principes d'interconnexion et d'hétérogénéité, et de ce fait en constante mutation. Mythes, légendes, théories scientifiques, secrets militaires et progrès technologiques constitueront la toile de fond de cette plateforme de travail et de discussion qui interrogera la place de l'individu dans un univers instable.